Zoo urbain

Un corps s'adapte à son environnement. Dans son livre "Move your DNA", Katy Bowman relate l'histoire des orques nés en captivité qui développent un syndrome de nageoire dorsale affaissée. Elle propose l'hypothèse que la biomécanique du mouvement reliée à la vie dans un bassin d'eau restreint n'apporte pas autant de "nutriments de mouvement" que la vie dans un vaste océan. En fait, l'orque en captivité nage beaucoup à la surface de l'eau et souvent dans la même direction. Les forces physiques de l'eau dans l'aquarium ne sont pas les mêmes que dans l'océan et donc la nageoire dorsale de l'orque d'aquarium s'affaisse n'étant pas vraiment nécessaire à sa survie. Je simplifie un peu mais pas tellement.

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Nous humains, dans nos zoos urbains, vivons dans un confort absolu. Pas besoin de planter nos légumes, cueillir nos petits fruits ou chasser notre viande. L'eau vient directement du robinet et les nouveaux modèles nous enlèvent même la tâche fastidieuse de tourner le robinet car il suffit simplement de le toucher légèrement. Tout vient préparer sous vide. Quelles sont les conséquences sur le corps humain de tout ce confort? Avons-nous l'équivalent d'une nageoire dorsale affaissée? Peut-être des muscles lombaires endormis par des heures sur une chaise nous causant éventuellement des maux de dos chroniques? Avons-nous des parties de notre corps plus développées que nos ancêtres? Peut-être des pouces super performants grâce aux textos?

Je dois avouer que je suis une personne qui adore (!!!) presque tous les jouets que la vie moderne peut procurer: Itrucs, voiture, cafetière à capsules, machine à laver, etc. Comment vivrais-je sans mon Vitamix? Je m'imagine encore moins mâchouiller moi-même la peau de phoque pour me faire des bottes d'hiver... Je dois être réaliste: je suis un mammifère né en captivité. Alors le défi que je me donne ces temps-ci, c'est de m'asseoir plus par terre, de passer un peu de temps en squat (quand je lis par exemple), de faire mes courses à pied quand je peux et de ramener des charges plus lourdes en faisant varier l'épaule sur laquelle je les porte, ou de passer plus de temps dehors en jardinant ou en me promenant dans un parc, question de vivre un peu plus dans mon milieu "naturel". Ce n'est pas parfait, mais comme dirait Katy Bowman, je sens que je me donne quelques "vitamines de mouvement" de plus et peut-être que je donne un peu plus de tonus à ma nageoire dorsale malgré tout. Écrivez-moi si vous avez fait des changements dans votre environnement qui ont eu un impact intéressant sur votre corps!

 

 

Halina Bukowiecki